Seras-tu là ?

Durée estimée : 1h20
A partir de 12 ans

Jeu et conception : Solal Bouloudnine
Texte : Solal Bouloudnine et Maxime Mikolajczak, avec la collaboration d’Olivier Veillon

Mise en scène : Maxime Mikolajczak, Olivier Veillon
Création lumière et son, régie générale : François Duguest
Musique : Michel Berger
Costumes et accessoires
: Elisabeth Cerqueira et François Gauthier-Lafaye

Administration : Antoine Lenoble
Production : Mathilde Bonamy et Augustin Bouchon
Diffusion : La Loge – Mathilde Bonamy & Alice Vivier
Production : L’OUTIL
Coproductions : NEST – Centre Dramatique transfrontalier de Thionville – Grand Est, Comédie de Béthune – CDN Hauts-de-France, Théâtre Dijon-Bourgogne – CDN, Théâtre Sorano, Les Plateaux Sauvages, Printemps de comédiens
Soutiens : Théâtre de l’Aquarium, CENTQUATRE-PARIS, Carreau du Temple, festival FRAGMENT(S) #7, L’Annexe, la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Île-de-France, la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne Franche-Comté, Ville de Dijon, ave le soutien du Fonds SACD Humour/One Man Show.

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Teaser – Juin 2020

CALENDRIER /

Tournée 2021-2022
# du 15 au 17 décembre 2021 à la Comédie – CDN de Béthune (62)
# du 5 au 7 janvier 2022 au Théâtre Sorano – Toulouse (31)
# 11 janvier 2022 à L’empreinte, Scène nationale Brive-Tulle – Théâtre de Tulle (19)
# 14 janvier 2022 à l’Éclat – Pont-Audemer (27)
# du 19 au 30 janvier 2022 au Monfort théâtre – Paris (75)
# 1 et 2 février 2022 au Théâtre national de Nice (06)
# 3 février 2022 à la Scène 55 – Mougins (06)
# 4 février 2022 au Forum Jacques Prévert – Carros (06)
# du 8 au 18 février 2022 au Théâtre 13 – Paris (75)
# 24 et 25 février 2022 au Carreau – scène nationale de Forbach et l’Est mosellain (57)
# du 15 au 18 mars 2022 au Théâtre Dijon Bourgogne – Centre Dramatique National (21)
# du 3 au 14 mai 2022 au Théâtre des Bernardines – Marseille (13)
# 17 et 18 juin 2022 à la Comédie Poitou-Charentes Centre Dramatique National (86)
 
Tournée 2020-2021
# Création professionnelle le 17 Décembre 2020 au NEST – CDN de Thionville (57)
# Représentations professionnelles du 3 au 5 février 2021 au Monfort théâtre – Paris (75)
# Représentation professionnelle le 11 février 2021 au Théâtre Sorano – Toulouse (31)
# Création publique les 21, 22 et 23 juillet 2021 aux Plateaux Sauvages, dans le cadre du festival Paris l’Été (75)
# du 27 au 31 juillet 2021 au NEST – CDN de Thionville (57)
 

PRESENTATION DE L’EQUIPE /

Après une formation à l’ERAC, Solal Bouloudnine a été permanent au CDR de Tours puis ensuite a travaillé avec Alexandra Tobalaim, Les Chiens de Navarre, Baptiste Amann, l’Irmar (Institut des Recherches Menant À Rien), Alexis Moati, Bertrand Bossard… Il a co- écrit et co-mis-en scène Spectateur : droits et devoirs avec B. Amann et O. Veillon.
Au cinéma il a joué sous la direction de Jean-Christophe Meurisse, Noé Debré, Dante Desarthe, Mona Achache… Il a réalisé plusieurs courts-métrages et clips. Il est l’un des membres fondateurs de l’OUTIL. Il a aussi suivi une formation de monteur vidéo et de scénariste.

Après avoir étudié au conservatoire de Bordeaux en 2005, Maxime Mikolajczak intègre l’ERAC en 2006. Lors de ce cursus, il côtoie des professionnels tels que Richard Sammut, Christian Esnay, Guillaume Vincent, Didier Galas.
Depuis 2009, il a travaillé avec différents metteurs en scène : Bérengère Jannelle, Nasser Martin-Gousset, Bertrand Bossard – et s’investit dans le travail de plusieurs compagnies : La compagnie du double (Amine Adjina et Emilie Prévosteau), La nivatyep cie Invivo.

Olivier Veillon est formé à l’ERAC, il travaille comme acteur pour Jean-Pierre Vincent, Anne Alvaro, David Lescot, Alexandra Tobelaim, Bertrand Bossard, Renaud-Marie Leblanc… En 2009 il fonde l’Outil avec Baptiste Amann, Solal Bouloudnine et Victor Lenoble, structure commune où il participe aux travaux des uns et des autres comme acteur et mène un spectacle de temps à autres. Il vit dans la forêt bourguignonne dont l’opulence le comble, quand le temps le permet, de joies mycologiques variées.

Après des études de piano et une formation à l’ESRA – Paris, François Duguest travaille pendant deux ans dans différents grands studios parisiens ( Grande Armée, QDS, etc…). Il part également en tournée avec différents groupes en tant que musicien ou ingénieur son / lumière. C’est en revenant à Paris qu’il découvre le théâtre et devient régisseur au Théâtre de Belleville. Depuis il a travaillé avec Olivier Bruhnes, Baptiste Amann, Pauline Bayle, Pauline Ribat, La Cie Hercub’, Stephane Paut, Fatima Soualia Manet, Gregory Questel, Jules Audry, David Bottet, Les Parvenus.

EN QUELQUES MOTS /

Avec Seras-tu là ?, le comédien Solal Bouloudnine nous plonge dans l’univers d’un enfant des années 90 qui réalise, comme tous les enfants avant et après lui, que tout a une fin, à commencer par la vie. Nous traversons avec lui une vie marquée par l’angoisse de la fin, dans une comédie touchante et vertigineuse.

Une bouchère bourguignonne, un chirurgien facétieux, un rabbin plein d’histoires, une maîtresse en burn out, France Gall… À travers une galerie de personnages un peu fous et au son des chanson de Michel Berger, on rit avec Solal Bouloudnine de l’atrocité du cancer, des maladies vénériennes et cardiovasculaires, gastriques aussi, et cérébrales, de la solitude qui le ronge terriblement, de l’incommunicabilité entre les êtres, de l’enfance insouciante et naïve qui s’en est allée à jamais, viciée par les assauts du monde insurmontable, injuste et cruel.

Seras-tu là ? est un spectacle de variété qui se vit comme une chanson épique, ou l’inverse. C’est un mercredi après-midi entre copains dans une chambre d’enfant où les jouets activent les histoires les plus folles.

ENTRETIEN AVEC SOLAL BOULOUDNINE /

Comment est né ton désir d’écrire ce spectacle ?
J’ai eu la chance ces dernières années de travailler en tant que comédien avec Alexandra Tobelaim, les Chiens de Navarre, Baptiste Amann… et de m’investir dans les diverses productions de l’Outil (l’IRMAR, Spectateur : droits et devoirs…). Je m’épanouis en tant qu’interprète mais j’ai le désir depuis longtemps de raconter mes propres histoires, d’offrir ma vision des choses. Le monologue s’est vite imposé comme la forme idéale.

Ah oui ? Et pourquoi ça ?
Depuis plusieurs années, je joue seul en scène avec la metteure en scène Alexandra Tobelaim (Italie-Brésil 3 à 2 et récemment Abysses, deux textes de Davide Enia). Je suis à chaque fois frappé par la force et l’impact que l’on peut avoir sur un plateau presque nu. C’est cette forme simple et puissante que j’ai voulu développer avec mes mots et mes histoires.

Dans Seras-tu là ? tu interprètes plusieurs personnages, dans la tradition de comiques français comme les Inconnus ou les Nuls. Qu’est-ce qui te plaît tant dans cette forme ?
Le risque qu’il y a à mener un solo m’intéresse et me stimule en soi, mais le fondement de mon désir c’est surtout le plaisir et le défi qu’il y a à composer plusieurs personnages : jouer avec des accents, changer de voix, porter des perruques et des costumes en étant le plus crédible possible. À l’encontre d’un mouvement qui invite les acteurs à improviser à partir de ce qu’ils sont, à rapprocher le personnage d’eux-mêmes, l’ambition est finalement de faire oublier l’acteur avec des artifices bien visibles.

Quelle a été ta méthode pour l’écriture de Seras-tu là ?
Le procédé, emprunté à Philipe Caubère, est très simple : j’ai improvisé seul devant ma caméra à partir de souvenirs et ou de personnes charismatiques qui m’ont marqué. Puis j’ai soumis mes improvisations à mon camarade Maxime Mikolajczak et ensemble nous avons trié le bon grain de l’ivraie et retravaillé les séquences pour construire des scènes. Olivier Veillon est arrivé un peu plus tard dans le processus pour nous aider à composer la dramaturgie du spectacle.

Michel Berger est central, dans ton spectacle. Pourquoi lui ?
J’avais six ans onze mois et vingt jours quand il est mort, terrassé par une crise cardiaque dans sa villa de Ramatuelle, après une partie de tennis. C’était le 2 août 1992, je passais mes vacances dans une maison à quelques mètres de la sienne. Je me souviens des sirènes de pompiers, des fans en larmes qui déposaient des fleurs devant sa maison, de ses chansons qui passaient en boucle à la radio… C’est ce jour-là que j’ai pris conscience de la mort et surtout du fait que tout a une fin. Depuis je ne cesse de craindre la fin et toute l’écriture du spectacle s’articule autour de cette angoisse qui ne m’a jamais quitté.

Donc Michel Berger est un déclencheur de conscience ?
Pas seulement ! Bien-sûr sa vie est très inspirante, mais c’est aussi un compositeur et un chanteur magnifique. Je ne crois pas comme Gainsbourg que la chanson de variété soit un art mineur. Avec Michel Berger je veux rendre hommage à la variété et à son pouvoir de consolation. Tout le monde peut s’identifier aux paroles de Seras-tu là ? après une rupture amoureuse. Les chansons sont des alliées, elles sont un remède à la solitude.

Tu t’amuses à balader le spectateur en inversant le début, le milieu et la fin du spectacle. C’est une façon de conjurer la fin ?
Oui, exactement. Enfin c’est une tentative, car si la fin devient le début, il y aura donc automatiquement une autre fin à cette fin qui devient le début, et inversement, non ? On ne peut pas échapper à la fin. Ce spectacle est un voyage vers l’acceptation de la fin.

On t’a vu évoluer dans des registres très différents à travers les spectacles auxquels tu participes depuis quinze ans. Avec Seras-tu là ? tu proposes une comédie effrénée, féroce. C’était une nécessité pour toi de faire rire ?
Le rire est le plus court chemin entre deux personnes, comme disait Chaplin. Je trouve absurde que l’humour continue à être considéré comme un registre mineur par certains, alors que le lien qu’il crée est essentiel ! Les bébés rient avant de parler, non ? C’est la forme de communication la plus simple, la plus primaire, la plus puissante. En osant la comédie pure, je réalise aussi un rêve d’enfant, je me sens vraiment à ma place.

Tes personnages sont épiques, fantaisistes, hauts en couleurs, on a une vraie tendresse pour eux. C’était important pour toi de ne pas te cantonner à la caricature et de leur donner une profondeur ?
Oui, bien sûr, je voulais que l’émotion puisse trouver sa place dans leur folie. J’ai imaginé des personnages de fiction mais c’était important de partir aussi de vraies personnes (mes parents, mon coach de foot, ma bouchère…), en espérant qu’en livrant des morceaux de mon histoire intime, comme un chanteur de variété, on puisse se sentir comme en famille. Je voudrais que chacun puisse se retrouver à travers eux.

C’est la fin de cet entretien. Ça va aller ?
Évidemment. Évidemment.

Propos recueillis par Brigitte Bérault-Lambert