Seras-tu là ?

Visuel Seras-tu là ?

CALENDRIER /

# Les 8 et 9 octobre 2019 : présentations de la maquette dans le cadre de Fragment(s) au Théâtre du Petit-Saint-Martin – Paris
# Le 12 novembre 2019 : présentation de la maquette dans le cadre de Fragment(s) l’Entrepont Nice en partenariat avec le Forum Jacques Prévert – Carros (06)
# Les 29 et 30 juin 2020 présentation de la maquette au Printemps du comédien à Montpellier
# Résidence d’écriture du 1er au 10 juillet 2020
# Résidence de création au Plateaux Sauvages du 21 septembre au 2 octobre 2020
# Résidence de création du 4 au 10 décembre 2020 au NEST – CDN de Thionville
# Création les 11,12, 14, 15 et 16 Décembre 2020 au NEST – CDN de Thionville
# Du 5 au 9 janvier 2021 aux Plateaux Sauvages
# Du 12 au 16 janvier 2021 à la Comédie – CDN de Béthune
# Du 18 Janvier au 6 février 2021au Théâtre Le Monfort – Paris
# Du 9 au 12 février 2021 au Théâtre Sorano à Toulouse

PRESENTATION DE L’EQUIPE /

Après une formation à l’ERAC, Solal Bouloudnine a été permanent au CDR de Tours puis ensuite a travaillé avec Alexandra Tobalaim, Les Chiens de Navarre, Baptiste Amann, l’Irmar (Institut des Recherches Menant À Rien), Alexis Moati, Bertrand Bossard… Il a co- écrit et co-mis-en scène Spectateur : droits et devoirs avec B. Amann et O. Veillon.

Au cinéma il a joué sous la direction de Jean-Christophe Meurisse, Noé Debré, Dante Desarthe, Mona Achache… Il a réalisé plusieurs courts-métrages et clips. Il est l’un des membres fondateurs de l’OUTIL. Il a aussi suivi une formation de monteur vidéo et de scénariste.

Après avoir étudié au conservatoire de Bordeaux en 2005, Maxime Mikolajczak intègre l’ERAC en 2006. Lors de ce cursus, il côtoie des professionnels tels que Richard Sammut, Christian Esnay, Guillaume Vincent, Didier Galas.
Depuis 2009, il a travaillé avec différents metteurs en scène : Bérengère Jannelle, Nasser Martin-Gousset, Bertrand Bossard – et s’investit dans le travail de plusieurs compagnies : La compagnie du double (Amine Adjina et Emilie Prévosteau), La nivatyep cie Invivo.

Olivier Veillon est formé à l’ERAC, il travaille comme acteur pour Jean-Pierre Vincent, Anne Alvaro, David Lescot, Alexandra Tobelaim, Bertrand Bossard, Renaud-Marie Leblanc… En 2009 il fonde l’Outil avec Baptiste Amann, Solal Bouloudnine et Victor Lenoble, structure commune où il participe aux travaux des uns et des autres comme acteur et mène un spectacle de temps à autres. Il vit dans la forêt bourguignonne dont l’opulence le comble, quand le temps le permet, de joies mycologiques variées.

Après des études de piano et une formation à l’ESRA – Paris, François Duguest travaille pendant deux ans dans différents grands studios parisiens ( Grande Armée, QDS, etc…). Il part également en tournée avec différents groupes en tant que musicien ou ingénieur son / lumière. C’est en revenant à Paris qu’il découvre le théâtre et devient régisseur au Théâtre de Belleville. Depuis il a travaillé avec Olivier Bruhnes, Baptiste Amann, Pauline Bayle, Pauline Ribat, La Cie Hercub’, Stephane Paut, Fatima Soualia Manet, Gregory Questel, Jules Audry, David Bottet, Les Parvenus.

Michel & Solal

Durée estimée : 1h20
A partir de 15 ans

Texte : Solal Bouloudnine, Maxime Mikolajczak
Mise en scène : Maxime Mikolajczak, Olivier Veillon
Jeu : Solal Bouloudnine
Régie générale : François Duguest
Costumes : Elisabeth Cerqueira
Composition et arrangement : Pascal Sangla
Administration : Antoine Lenoble
Production : Augustin Bouchon
Diffusion : La Loge
Production : L’OUTIL
Coproductions : Comédie de Béthune – CDN Hauts-de-France, le NEST – Centre Dramatique transfrontalier de Thionville – Grand Est, Théâtre Sorano, Les Plateaux Sauvages
Soutiens : Théâtre Dijon-Bourgogne – CDN, Théâtre de l’Aquarium, CENTQUATRE-PARIS, Carreau du Temple, festival FRAGMENT(S) #7, L’Annexe, la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Île-de-France, la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne Franche-Comté, Ville de Dijon.

 


EN QUELQUES MOTS /

Seras-tu là ? est un monologue.

C’est une autofiction.

C’est un spectacle comique : j’y parle beaucoup, beaucoup de la mort et de l’angoisse maladive qu’elle provoque chez moi, de l’atrocité du cancer, des maladies vénériennes et cardiovasculaires, gastriques aussi, et cérébrales, de la solitude qui me ronge terriblement, de l’incommunicabilité entre les êtres, de l’enfance insouciante et naïve qui s’en est allée à jamais, viciée par les assauts du monde insurmontable, injuste et cruel.

Ce n’est pas qu’un spectacle comique. Sûrement parce que ce solo c’est un rêve d’enfant, et qu’aujourd’hui malheureusement je n’en suis plus un.

ORIGINE DU PROJET /

J’ai eu la chance ces dernières années de travailler en tant que comédien avec Alexandra Tobelaim, les Chiens de Navarre, Baptiste Amann… et de m’investir dans les diverses productions de l’Outil (l’IRMAR, Spectateur : Droits et devoirs…).

Je m’épanouis en tant qu’interprète mais j’ai le désir depuis longtemps de raconter mes propres histoires, d’offrir ma vision des choses. Le monologue s’est vite imposé comme la forme idéale. Je continue à jouer un spectacle seul depuis plusieurs années (Italie-Brésil 3 à 2, mis en scène par Alexandra Tobelaim) et je suis à chaque fois frappé par la force et l’impact que l’on peut avoir sur un plateau dénué de décors, avec pour seuls alliés des mots et de la lumière. C’est cette forme simple et puissante que je veux aujourd’hui développer avec mes mots et mes histoires.

Le risque qu’il y a à mener un solo m’intéresse et me stimule en soi, mais le fondement de mon désir c’est surtout le plaisir et le défi qu’il y a à composer plusieurs personnages : jouer avec des accents, changer de voix, porter des perruques et des costumes tout en étant le plus crédible possible.

A l’encontre d’un mouvement qui invite les acteurs à improviser à partir de ce qu’ils sont, à rapprocher le personnage d’eux-mêmes, l’ambition est finalement de faire oublier l’acteur au moyen de ce que l’on considère comme des artifices bien visibles.

NOUS SOUTIENNENT A CE JOUR /

Les plateaux sauvages – Paris 20, La Loge dans le cadre de Fragment(s) 2019, Le Monfort théâtre – Paris 15, Forum Jacques Prévert – Carros 06, le CENTQUATRE Paris, le Carreau du Temple, le théâtre de l’Aquarium, le CDN de Thionville.

INTENTION /

J’ai écrit Seras-tu là ? en collaboration avec Maxime Mikolajczak. Le procédé d’écriture, emprunté à Philipe Caubère, est très simple : j’improvise seul devant ma caméra à partir de souvenirs et ou de personnes charismatiques qui m’ont marqué. Puis avec Maxime nous sélectionnons les passages d’où se dégage de la matière exploitable.

Un trait commun à tous ces personnages est apparu rapidement : tous souffraient d’une grande solitude, me renvoyant à la peur inconsciente que j’en ai. J’ai naturellement fait le lien entre ces improvisations et l’œuvre de Michel Berger, que j’affectionne tout particulièrement, la plupart de ses chansons portant cette thématique de la solitude.

Pour être moins seul
Je suis venu chanter ma vie pour vous Pour
être moins seul

Et partager la musique entre nous Nos
amours qui flambent Raisons qui tremblent
Destins qui tell’ment se ressemblent

Pour être moins seul
Quand vous quittiez la porte de chez vous

J’étais déjà seul
La tête pleine de notre rendez-vous Nos
amours qui flambent Raisons qui tremblent
Tout ce qui ce soir nous rassemble

On n’est pas seuls

Puisqu’on est ensemble

 

J’ai un rapport particulier avec Michel Berger. J’avais six ans onze mois et vingt jours quand il est mort, terrassé par une crise cardiaque dans sa villa de Ramatuelle, après une partie de Tennis. C’était le 2 Août 1992, je passais mes vacances dans une maison à quelques mètres de la sienne. Je me souviens des sirènes de pompiers, des fans en larmes qui déposaient des fleurs devant sa maison, de ses chansons qui passaient en boucle à la radio… Michel Berger n’avait que 44 ans et était comme on dit « dans la force de l’âge ». Je crois que c’est ce jour là que j’ai compris que la mort n’avait pas de pitié. Elle ne frappait pas que les grabataires et les anciens. Il n’y avait pas d’âge pour mourir, pas d’heure, pas de saison.

Ce jour là j’ai perdu ma naïveté et j’ai pris conscience que tout avait une fin. Tout. Depuis je ne cesse de craindre la fin. Je me demande s’il est possible de profiter d’un bon moment dès lors qu’on sait qu’il va finir ?

C’est finalement à partir de cette anecdote et autour de cette peur de la fin que nous avons articulé l’écriture. Le spectacle commence par une rencontre avec le public, comme s’il s’était déjà déroulé : une manière comme une autre de fuir la fin, même si c’est impossible. Car si la fin devient le début, il y aura donc forcément une autre fin à cette fin qui se veut être un début ? On ne peut pas lutter contre la fin.

J’assume vouloir faire un spectacle comique : il me paraît absurde que l’humour soit déprécié alors qu’il crée du lien : « Le rire est le chemin le plus court entre deux personnes », disait Charlie Chaplin. Le rire est une forme primaire de communication (les bébés communiquent par le rire avant même de prononcer leur premier mot). Ce qui déclenche le rire diffère d’un individu à l’autre mais les bienfaits qu’il procure sont universels. Faire rire n’est donc pas un « art mineur ».

Tout comme la chanson de variété, contrairement à ce que disait Gainsbourg, n’est pas à mon sens un « art mineur ». A travers l’œuvre de Michel Berger, je veux rendre hommage à la chanson dite de « variété» si injustement méprisée. Tout le monde peut s’identifier aux paroles de « Seras-tu là ? » après une rupture amoureuse. On fait l’expérience dans ces chansons de l’universalité des sentiments. Dans ces conditions, la variété est une sorte de rempart à la solitude.

Ma hantise serait de faire un spectacle mégalo, autocentré. J’espère qu’en livrant des morceaux de mon histoire intime je parviendrai, à la manière d’un chanteur de variété, à parler simplement à tous.

Voici la fin de ma note d’intention, encore une fin qu’il va falloir surmonter. C’est sans fin.